SOMMET N° 12-13 sur 48
ALTITUDE 4’527 m
DIFFICULTÉ AD / IV
CORDÉE Médéric - Adelin - Jon
ASCENSION 03 septembre 2026

Traversée des liskamm
4527 m

Le Spaghetti Tour

Le Spaghetti Tour est une traversée du massif du Mont-Rose, entre la Suisse et l’Italie. Un voyage spectaculaire entre sommets et refuges, avec plusieurs jours passés en haute montagne.

Jour 2

La traversée des Liskamm. Rien que le nom me donne la chair de poule. Un massif gargantuesque, un nom de caractère, une arête effilée et aérienne à plus de 4'000 mètres. Une montagne qu’on a envie d’aller découvrir autant qu’elle impose le respect.

Nous l’avons fait. Et nous n’avons pas été déçus…

Au réveil, je me sens étonnamment bien et serein. Nous progressons sur le glacier et je sens que mon corps commence à s’acclimater à l’altitude. La beauté du paysage, éclairé par les premiers rayons du soleil, me fait rapidement oublier les doutes de la veille.

Aujourd’hui, pas de place pour ça. La traversée qui nous attend demande toute notre attention.

Pas de répit. Nous nous retrouvons rapidement au pied d’une pente de glace raide et froide, que nous gravissons en quelques longueurs. Puis vient l’arête.

Pendant plusieurs heures, nous avançons sur ce fil vertigineux. Les conditions sont à la limite, la traversée ne nous est pas donnée et chaque pas demande de rester concentré. Par chance, le vent reste silencieux.

Et pourtant, au milieu de tout ça, je suis incroyablement bien.

Je fais corps avec cette montagne. Mes cellules semblent vibrer avec chaque craquement de glace sous mes pieds. J’ai de la peine à réaliser que je suis là, sur cette arête dont le simple nom me faisait rêver.

Je suis bien. Serein. Heureux.

Avant de rejoindre la cabane Gnifetti, nous faisons une halte au sommet du Balmenhorn. Une statue du Christ domine les lieux et un petit refuge improbable y est installé.

Cette fois, on prend le temps.

On lézarde au soleil, on papote, on profite… au point d’oublier presque que nous sommes assis sur un sommet à plus de 4'000 mètres.

L’arrivée à Gnifetti nous ramène rapidement à une tout autre réalité. Rien à voir avec la tranquillité de la veille: ici, c’est l’industrie. Beaucoup, beaucoup, beaucoup de monde. Du bruit, de l’agitation, des “alpinistes” partout.

Mais l’Italie reste l’Italie : une bonne assiette de pâtes al ragù nous attend.

Et pour terminer cette journée hors du commun, le soleil nous offre une nouvelle fois un coucher spectaculaire sur les montagnes.

Ce soir, je ne pense pas à demain. Je reste simplement dans cette parenthèse magique que le Liskamm nous a offerte.

N.B. Jon a aussi quelques talents d’artiste. Il nous avait dessiné les Liskamm sur des canettes de Coca qu’il a portées avec lui pendant toute la traversée. Une fois de l’autre côté, on les a ouvertes et bues ensemble. Une façon toute simple et originale de se dire : ça y est, on l’a fait.