Zumsteinspitze
4562 m
Le Spaghetti Tour
Le Spaghetti Tour est une traversée du massif du Mont-Rose, entre la Suisse et l’Italie. Un voyage spectaculaire entre sommets et refuges, avec plusieurs jours passés en haute montagne.
Jour 4
Dernier jour. Il est parfois étrange de se dire qu’il est dimanche, 4h30 du matin, que tu te trouves à 4'554 mètres d’altitude et que demain, à 7h30, tu seras au bureau. En montagne, le temps semble parfois se dilater, puis la réalité revient d’un coup.
La journée s’annonce pourtant parfaite. Nous sommes en forme, la météo semble favorable et nous entamons notre dernier acte avant le retour à la civilisation.
Rapidement, nous atteignons la Zumsteinspitze. Mais notre cher cinquième compagnon de cordée, le vent, est toujours de la partie.
Après plusieurs tentatives pour traverser l’arête aérienne et gelée permettant de rejoindre celle de la Pointe Dufour, le constat est clair : le risque est trop élevé. Le vent nous chahute au point de nous obliger à nous mettre à terre, avec pour seul ancrage notre piolet.
Comme un gardien des lieux qui, aujourd’hui, ne veut pas nous laisser passer.
Renoncer après ces trois premiers jours, si près de l’objectif, n’est pas facile. Pourtant, une décision est prise et il faut la respecter. Nous rebroussons chemin.
Le retour vers Zermatt n’est pas de tout repos pour autant. Nous voilà partis dans un véritable labyrinthe entre les crevasses et les ponts de neige du Grenzgletscher.
Mais la montagne, comme pour saluer notre décision, nous offre un panorama de rêve. Tout autour de nous, des teintes orange et rose éclairent les sommets. Le Cervin s’enflamme au loin et, devant ces couleurs, le nom de Mont Rose prend soudain tout son sens.
Nous en oublions presque ce début de matinée.
Finalement, nous arrivons à Rotenboden sains et saufs.
Un train rempli de touristes nous ramène à Zermatt. Et en bons Suisses, nous terminons l’aventure autour d’une fondue sur une terrasse, en refaisant déjà le film de ces quatre derniers jours.
Je marche dans les rues de Zermatt, le cœur léger, apaisé d’être de retour, avec le sentiment d’avoir vécu une expérience extraordinaire.
Je regarde autour de moi et jette encore un coup d’œil en direction de la Pointe Dufour. Intérieurement, je sais que j’y retournerai.
Quand ce sera le bon moment.